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SIte de Jean Louis Couturier

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Le cor naturel et la musique militaire aujourd’hui :

En dehors des orchestres de cuivres naturels,et des formations particulières de trompes de chasse,  la tradition du cor de chasse s’est  perpétuée au sein des musiques militaires du type « chasseurs ». Ce corps d’infanterie de montagne disposait naguère (1950) d’une vingtaine de fanfares dont la particularité est l’emploi du cor de chasse mi bémol. Lors des défilés, les cors de chasse (tenus pavillon en l'air) constituent le premier rang. Les instrumentistes sont toujours placés sur le devant de la formation, car il est de tradition d’exécuter un « lancé de l’instrument » avant chaque intervention du pupitre. Plusieurs particularités ont également cours dans les fanfares de chasseurs, composées d’une trentaine d’instrumentistes :

 

- le tempo des marches traditionnelles est de 144 pas à la minute ! ;

- la fanfare ne dispose pas de bois : les clarinettes sont remplacées par des saxophones ;

- il n’y a pas de tambours, mais une seule tarole (caisse-claire).

 

Le répertoire en usage au sein des fanfares de chasseurs est exclusivement consacré aux marches militaires traditionnelles de circonstance.

A ce jour, l’armée française ne dispose plus que d’une seule fanfare, celle d’une 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins (Annecy).

 

Paris : défilé du 14 juillet 2012.

La fanfare du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins.

(Photo ECPAD).

 

 

Les ensembles de trompes de chasse : "histoire et traditions de la vénerie".

Héritières de la grande tradition française de la chasse à courre, de nombreuses formations musicales composées exclusivement de trompes de chasse en ré, se consacrent aujourd'hui comme hier, à la valorisation du répertoire de la vénerie, étroitement lié aux appels du rituel de la chasse. Habituellement composés de 6 à 10 sonneurs, le "débuché", parfois dénommé aussi "rallye-trompes" dispose d'un répertoire historique très ancien, comme nous l'avons évoqué précédemment. Ce répertoire dont l'âge d'or se situe sous le règne de Louis XV se compose principalement de sonneries ou appels de chasse. Les sonneries (à une seule voix à l'origine) se sont étoffés dès la fin du XIX° siècle et compte parfois désormais, 2, 3 ou 4 voix. Un répertoire nouveau a également vu le jour à cette période. Il se constitue de suites d'air, souvent regroupées sous forme de messe, destinée à l'office religieux, avec soli et parfois accompagnement d'orgue. Ce répertoire tardif, destiné au concert vient en complément du répertoire traditionnel propre à la chasse, interprété en plein air.

 

Par une longue filiation historique, le répertoire traditionnel des ensembles de trompes s'est perpétué au fil des siècles, le plus souvent par le biais de la tradition orale, malgré la connaissance de plusieurs recueils manuscrits (Philidor, Dampierre, etc) codifiant avec précision les principaux appels de fanfares.

Cette tradition du débuché, particulièrement vivace en France, est un parfait exemple de l'ethnomusicologie. Ces ensembles sont restés fidèles à l'usage traditionnel de la trompe en ré, héritée de l'époque baroque. Le modèle de la grande trompe à la Dampierre, beaucoup trop volumineux, a été abandonné dès le XIX° siècle pour un instrument de taille conventionnelle.

Particularités de l'instrument :

- Le pavillon bruni, de couleur opaque, contraste avec le reste du corps de l'instrument ;

- Les bords de l'embouchure de trompe sont très fins, presque coupants.

 

Les sonneurs se produisent en uniforme de couleur qui est sensiblement identique à celui des équipages d'autrefois (hormis la bombe hippique qui est venue compléter la composition vestimentaire).

La technique de la trompe de chasse diffère radicalement de celle du cor naturel, notamment par l'utilisation généralisée du "tayauté" : emploi d'articulations composées d'onomatopées permettant un jeu lourré à l'extrême.

 

Dans l'esprit du grand public "trompe" et "cor" ne font bien souvent qu'un seul et même instrument, étroitement lié à la chasse... renforçant, si besoin en est, cette association d'idées !

 

 

 

 

Le débuché ou rallye-trompes

"Rallye-Trompes des Vosges".

 

 

 

Une embouche caractéristique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour conclure

Le corniste du XXI° est l'héritier d'un long passé dont l'ancêtre ne semblait jouir que du plaisir intense de la chasse.

Au sein de la famille des cuivres, le cor se présente comme l'instrument dont les évolutions successives liées tant au progrès de la facture instrumentale qu'à la technique propre à son jeu ont été les plus nombreuses : corne animale, cor simple, cor à tons de rechange, cor d'invention, cor omnitonique, cor chromatique à pistons, jeu simple "naturel", jeu à sons bouchés, jeu moderne...

L'adjonction des pistons à l'instrument au XIX° siècle n'a pas eu pour conséquence directe de détrôner radicalement l'instrument naturel, bien au contraire...

Le regain d'intérêt consacré à la musique baroque qui a émergé dès les années 1970-1980 a par ailleurs favorisé le retour du cor ancien au Conservatoire de Paris (ainsi qu'au sein de plusieurs centres européens). Dès lors, certains facteurs d'instruments ont renoué avec la fabrication de cors naturels, destinés tant aux musiciens professionnels issus de genres différents, qu'aux instrumentistes amateurs.

 

A leur manière, chacun d'entre eux perpétuent une tradition musicale bien ancrée, en témoignant d'un intérêt profond pour l'instrument naturel au timbre si particulier, inimitable dans sa couleur ancienne.

 

 

 

 

 

Avec mes chaleureux remerciements à M. Claude Maury,

Professeur de cor ancien au Conservatoire de Paris (CNSMDP)

pour ses conseils avisés.

 

 

© Jean-Louis Couturier [09/2012]

 
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